
activité culturelle historique sur le peuple Bantu
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Un récit réel, ‘un palabre africain’ autour, d’un prétexte de prénom chrétien au début du XXe Siècle dans un village de la province de Bandundu en République Démocratique du Congo.

« Henri »… Les Yansi ont cru, où plutôt on leur a fait croire ; qu’en ayant le prénom chrétien après le baptême catholique, on pourra faire les mêmes œuvres qu’a fait le premier saint durant sa vie terrestre. Cette histoire orale en est une, parmi tant d’autres, que nous contait notre grand-mère,la nuit, au clair de lune dans nos villages. Celle-ci se passe à Bagata Cité. Territoire du « Kwilu-Septentrional », à quelque kilomètre de la rivière « Kasaï ». En 1908, le Congo devient une colonie Belge ; l’Eglise installe une mission à « Wombari » chez les « Ba-nkû », cette ethnie fait partie des « Tékê ». Le vestige de cette mission peut être fouillée et restaurée non loin de l’actuelle ville de Bandundu; capitale de la province qui porte le même nom. Le statut du Congo indépendant change en 1908, l’Eglise va devoir accompagner les colons pour évangéliser les indigènes congolais. Comme le nouveau Concile de l’Eglise Catholique Romaine l’avait en ce temps-là ordonné, des corvées et aussi un apprentissage du catéchisme furent exigés pendant une année. Au terme de cette période, vous passez un oral pour obtenir son Baptême et sa première communion. Vous retournez chez vous avec un nom de famille, et un prénom chrétien !

Il nous semble quand même important de solliciter l’indulgence de nos lecteurs sur le fait de répéter des phrases ou des mots, que nous avons déjà utilisés dans le précédant article et qui traitent du même sujet. L’intérêt de ce récit est de relater la divergence des actions de ces deux protagonistes yansi ; pour essayer de savoir comment expliquer l’implication de la religion dans le quotidien de l’autochtone congolais.
Si l’action de cette ethnie fait l’objet de notre attention sur cette publication, c’est à cause de notre contact avec le livre de Guy De Plaen : « Les structures d’autorité des Bayanzi », 1974, Edition Encyclopédie Universitaires. L’abondance documentaire pour nous autres réside en Europe. Elle est une opportunité qui nous permet d’aborder des sujets insolubles pour l’intérêt de notre population locale. Et pourquoi pas aussi pour d’autres populations. En tout cas, les Yansi ont beaucoup de complications dans leurs coutumes ! Aujourd’hui, nous sommes moins évasifs en ce qui concerne les traditions. Nous nous ne attarderons pas sur les tenants et aboutissants du livre cité précédemment qui à l’origine, est une thèse de doctorat en sciences humaines. La créativité Yansi est dans leur enthousiasme de vie simple, sans éclat, avec un sentiment d’appartenance à la communauté Bantu en général. Nous croyons fermement qu’à l’origine de l’homme, est l’esprit tout puissant qui se trouve en haut et incolore. A savoir, notre langage est aussi particulier, comme il est notre façon d’observer cette planète où nous vivons. Notre conscience est formée dans un ensemble identitaire qui s’étend à l’ensemble des peuples Bantu et Africains. Nous croyons être les enfants de Dieu vivant ; et pourquoi pas? Nous, les pauvres pécheurs, en nous convertissant; nous avons aussi le pardon comme les autres peuples. Parce que le prix a été payé une fois pour toute, pour tout le monde.
Voici pourquoi, monsieur « *Kie-Kie » et monsieur « *Matungulu » se sont déplacés à la mission pour se convertir au christianisme. Comme, ils étaient jeunes et dynamiques tous les deux; on leur a appris le travail d’ouvriers maçons pendant qu’ils étaient à la mission. Henri Kie-Kie et Henri Matungulu au retour à la cité vont travailler ensemble sur le même sentier et comme ouvriers qualifiés. Peu à peu, Henri Kie-Kie devient le chef d’équipe! L’animosité commence ente les deux personnages. Elle finira par empoisonner l’ensemble de la cité. Heureusement pour l’autre Géant, un autre sentier de la construction des pavillons de l’hôpital « *FORAMI » sera ouvert quelques jours après. Enfin, il est nommé chef d’équipe comme le premier personnage ! Ils deviennent tous les deux, responsables au sein de la communauté et chacun, chef de famille de son côté. Ils auront des beaux enfants pour chacune des familles. Une vie bien remplie, faite de dur labeur pour les deux. Ils sont tous les deux mobiles, disponibles et ouverts à toute flexibilité. Mais la vie est ainsi faite qu’elle n’est pas toujours rose, même quand elle semble paisible en apparence. Il y a toujours eu des hauts et des bas dans une vie. Comme, il y a la lumière et les ténèbres ; tout comme le bien et le mal ! Et cela, depuis la nuit des temps; nous dira notre grand père!
- Voici ma première question à mon grand-père: « on ne peut pas accuser l’autre Henri au tribunal. Motif ? La jalousie ? »
- Grand père répond: « depuis quand on a jugé les affaires de la sorcière dans un tribunal officiel ? Il ajoute: » dans quel pays, on a fait ce procès? Et grand père continuait: » Les Européens ont aussi les leurs. Tous les peuples du monde: « Ont leurs pratiques occultes propres. Voici la réalité de ce monde invisible à l’œil nu. »
- Moi: » Pourquoi ça?
- Parce que: « Satan s’est accaparé de ces paradis depuis les premières personnes. Le monde est sous la domination du mal. En ce moment les « *Mindele « ont la domination, jusqu’au retour du « *Masiya » pour établir la Paix.
- Moi: « Grand père, parmi les Européens; il ya Mundele Ngulu; Mundele mwinda; et les Mindele ya bondeko moko ! »
- Ensuite: « Il faut bien les fixer avec l’œil du sage parce que leur regard est un miroir d’information pour consolider leur statut.
- Question : « Pourquoi cette histoire s’est étendue si loin? »
- Grand père répond: « Monsieur Matungulu a donnée l’explication de son nom de famille. A l’étranger, il s’appelle, monsieur Oignon. Donc, il voulut tout mélanger à son compte; pour devenir un grand homme fort du village. »
En tout cas, il en était ainsi; il faisait peur à des personnes de la cité. Même pour les enfants, aucun de nous, ne voulait croiser Henri Matungulu sur son chemin de l’école. Le risque était réel; personne ne voulait attraper le mauvais sort de sa part. A tel point, qu’il s’est isolé tout seul; seulement avec sa famille restreinte! Sa femme était déjà morte, il y a quelques années passées; tous ses enfants aussi, sauf l’ainée de sa famille; mère d’une grande famille avec des beaux enfants. Cette grande famille est gentille et acceptée par tout le monde à la cité. Son petit-fils « Camille » est un monsieur et grand frère de tous les jeunes du village. Rien à voir avec le comportement de leur grand-père. Quant à la vie de l’autre « Henri Kie-Kie », qui signifie « Souplesse »en français: il n’est pas devenu saint ; mais, il avait la vie simple, la vie de monsieur tout le monde. C’est un grand oncle « Yansi » qui a enfanté des beautés noires desquelles il disait lui-même: «Un cadeau du ciel! Il y a des beautés qui ne se voit pas à l’œil nu; elle s’appelle : « *Mabe ya mbila elengi se mosaka! ». Pour l’ainé de sa famille, il a donné le nom de « Vincent », l’ami des pauvres. Tous les musiciens congolais de l’époque ont composé des chansons en l’honneur de « Vincent « , notamment « Tabu Ley » avec l’orchestre « Afrisa national ».

La foi Yansi ou plutôt, précisément la foi Bantu en genéral, considère la chanson comme, une deuxième prière dans leur croyance. Faire quelque chose sans foi, c’est comme vivre sans conscience à son être ! On devient un abruti, un état étourdissant le lien familial. Ils appellent ce personnage, comme un « Eyoy », un « Kizengi » en Kikongo. En français courant cela signifie : un arriéré mental ou plutôt comme, un esclave. Une personne coupée de ses racines quoi ! Un bon à rien. C’est pour cela que leur sagesse nous apprend à faire attention à l’étymologie des mots Yansi. Si non, nous perdrons le bon sens de celui-ci. Il y a déjà ici la question de bon sens, qui peut nous apporter la nouvelle connaissance. Et la Bible nous dit que : « Mon peuple meurt par manque de connaissances ! » Le fait de vouloir du bien à son prochain, n’est le contraire à la morale de Dieu. Aujourd’hui, nous ne sommes plus sous le joug de la condamnation, heureusement pour nous autres. Avec cette langue de barbare, son caractère spirituel et le poids des mots ; les mélodies des chansons Bantu montent jusqu’au ciel et l’écho va au-delà de l’extrémité de la terre. Pour nous, les «Mâatib » les déchets ou encore le caca ; « Il » nous a donné ce qu’est le meilleur dans la vie, lyrisme de la chanson et hospitalité envers notre prochain. Le « Mâatib », ici, est un mot concept et paradoxal. Il a plusieurs sens : le premier exprime un excès de narcissisme sur son apparence. Le deuxième représente à l’inverse un excès de mépris sur un manque de beauté extérieure. Ce concept nous invite donc à une attitude humble et sous-tend une notion de juste milieu.
A ce propos, un jeune flamand, administrateur du sous-territoire de Bagata cité, a reçu l’enseignement de ce concept et témoigne en quelque sorte du comportement flatteur de ce patelin. Des deux côtés, ils ont bousculés les rapports figés :
- Le jeune colon est beau et humain devant les éloges des autochtones.
- Les indigènes ont considérés son apparence humaine, comme le « Mâatib« ; mais quand même, il possède quelque chose de précieux en son intérieur!… «* Ya mutuya», le sans prix ,en français courant.

Un seul colon Flamand, qui a pu parler le « Kiyansi » vers les années 1955. La sanction fut immédiate : il fut transféré à Léopoldville en tant que commissaire de police à la commune de Bandalungwa. Là-bas encore, un nanti Yansi, né kinois dont le nom est « le vieux Roger Izeïdi de l’orchestre African Jazz ». Ce dernier a soufflé sur l’oreille du vieux « Kallé » (compositeur de l’orchestre) pour composer une chanson à l’honneur de monsieur Laurent « Mâatib« , un blanc Yansi adoptif. Cette mélodie s’appelle en lingala « Matibo Yaya ».

Nous avons aussi le cas de père Bernard, un jeune curé hollandais, bon gosse. Les Yansi de « Manza-saï » l’avaient adoptés et ensuite l’on conseillé pour fonder une famille avec une hollandaise. La paix de l’âme n’est pas mieux pour tous humains? Nous autres, peuple d’opprobre, aveugles dans les ténèbres de ce monde de brutes, longtemps captifs et esclaves de nos liens familiaux. L’ère est grave pour les peuples laissés pour comble! Le compteur du temps a été mis à zéro depuis « Golgotha ». Qui pourra nous empêcher de croire à « Masiya » et d’être sauvé? Il viendra de quels points cardinaux. C’est pour cela, nous les Yansi, nous les Bantu que nous supplions « Nziam-ê », mon DIEU. Quel Dieu? Jésus. C’est une démarche personnelle d’abord: avec ton Jésus le seul pasteur vivant, ton ami fidèle, ton conseiller, ton amoureux, ton roi des rois, et ton unique Dieu vivant. Bien sûr, sans oublier son peuple élu, tous les serviteurs de Dieu vivant et surtout son unique Eglise qu’est le corps de christ; dont il est la tête. Dans nos campagnes, nous n’avons plus de refuges: nous buvons de l’eau non potable, dans nos forêts les bois sont tous à abattre et à vendre pour l’étranger! Plus de poissons dans nos cours d’eau habituels ; il y a des espèces qui ont déjà disparues depuis longtemps, des bétails ne trouvent plus l’herbe à brouter! Nos vies ressemblent a un parcours du combattant. C’est ça la révolution, comparaison de la nouvelle civilisation post-industrielle ? Avec son lot de maladies universelles très injustes : « Qui frappe seulement, un seul continent ! »
Cette histoire, nous la connaissons depuis la loi de la nature concernant l’existence de l’être humain ; c’est toujours le plus fort qui l’emporte. En plus, c’est dur d’en parler ! Aux yeux du monde, l’Afrique des matières premières comptent plus que sa population. Voici pourquoi le Consolateur s’est révélé dans nos vies ! Comme un rédempteur, un sauveur, un assureur et garant de nos vies, un défenseur contre les menaces extérieures et intérieures, Roi présent au Congo et Dieu vivant à Béthel.( Dieu de Jacob) …
Voici un bémol d’un petit nègre Bantu : « Notre génération a dépassé l’outrage de « Sodome et Gomor ». Notre avenir sur cette planète est devenu quelque chose d’imprévisible ! L’abomination est un lot quotidien en ébullition, partout où on se trouve sur cette terre humaine. On dirait que: » Satan est en train de faire sortir sa dernière mise en scène! « . Nous les « mis à part », nous sommes les « Gagnants »; parce que, nos péchés et fautes sont expédiés par le saint d’Israël. Enfin, le salut des hommes, vient des juifs. Nous ne craignons plus à rien pour nos lendemains puisque celui auquel nous avons cru est plus fort que le monde. Gare à celui qu’est l’habitude, de maudire son pays ou le monde que l’on vit. La solution est dans l’amour et la bénédiction. Cet article tient son fondement, comme pour le précédant sur le psaume 87, verset 4, en ajoutant l’Evangile de Luc:24, en entier.
Voici donc, résumé en quelques lignes ici, la nouvelle conversion de ce peuple barbare ou plutôt les bantu. C’est le retour à la parole de Dieu vivant. Le respect de la sainte doctrine: c’est-à-dire ; les lois données à Moïse, les prophéties et les quatre Evangiles. Chacun a son devoir sur ce cheminement; les plus forts doivent soutenir les plus faibles en foi. L’apprentissage commence par le lait maternel, et ensuite les choses qui conviennent.
Avant de conclure cette publication, nous n’oublions d’y ajouter le personnage de « Kitete », lundi en français courant. C’est un vieux vétéran de la Grande guerre. Ce nanti de Bagata a été enrôlé au sein de la « Force Publique ». Il revient au patelin avec ses uniformes militaires pour vanter les victoires de notre « Armée » à Abissinie contre l’armée de « Mussolini ». Et quand cet homme parle de cette province; le pays de région s’appelle: Ethiopie. L’Egypte, les philistins, la Babylone et l’Ethiopie sont nés de Sion. La parole de Dieu éclaire le passé d’un être humain. En tout cas, nous pouvons le répéter; cette forme d’écriture, est une expression de la libre pensée qui accepte les critiques constructives et aussi les conseils des gens de bonne volonté. C’est un travail d’équipe, c’est-à-dire que nous souhaitons que ce type de travail; en plus des conseils et de points des vues, soit profitable à un large public et pas dans un sens sectaire du terme.
Nous clôturons cet article par une petite anecdote un peu particulière : un congolais et un cousin camerounais se nommant François Mâatib, « tu as la signification du mot, en français courant? » Il me regarde…et fait un sourire. Après, j’ai sincèrement compris qu’on est tous pareil : Bantu dans nos dialectes et langues Africaines, homme en français, tous humains sur cette terre.
Il nous suffirait seulement d’un peu de tolérance pour vivre ensemble dans une cité! Le premier Henri avait le lyrisme des paroles et des chansons; et l’autre Henri, le gout de l’autorité et du pouvoir. Et pourtant, ils s’étaient convertis chrétiens ensembles.
© Tatu Kaniki Twine
Annexe
1- Ya mutuya : le plus précieux; sans prix.
2- Mabe ya mbila,elengingi se mosaka : il y a de beauté qui se cache en intérieur de l’apparence; la beauté de l’âme. Traduit par l’expression : l’apparence de la noix de palmier ne compte pas, ce qui compte c’est le goût de la sauce
4- Mindele : Blanc, Européen
5- Masiya : Messie,Jesus
6- FORAMI : Fond Royal d’Assistance Médicale aux Indigènes
7- Masiya : messie