La Souplesse ! Pour changer notre Monde

*Kie-Kie : ou « Souplesse »en français courant

Une tradition orale, celle d’un peuple qui n’a pas l’habitude de se montrer au-devant de la société en RDC et qui cherche la voie du bon sens, dans certaines des valeurs de sa culture traditionnelle à partir du poids des mots, chargés de l’histoire de son passé encore vivant.

Cette langue a des expressions difficiles à articuler ou à écrire. La transmission de la tradition orale commence par l’évènement de Mbour* qui signifie la naissance en français courant ; après avoir coupé le cordon ombilical, la maman apprend aussitôt à son enfant l’usage de la parole. Elle commence dans son langage, comme si elle s’adressait à un adulte. Mon bébé dit-elle, te voici arrivé dans ce monde parmi nous comme membre de notre famille ! Avec des pleurs voici comment tu as  manifesté l’acte de ta naissance ici-bas ; calme-toi mon enfant, nous t’accueillons  avec joie ;  soit le bienvenu parmi nous. Tu seras entouré par tes frères et sœurs et aussi les autres membres de famille. Nous serons tous unis durant cette vie terrestre, en s’appuyant sur la valeur de la solidarité, comme la période ou tu étais lié en mon sein.

Ce monologue en Kiyansi*, le dialecte de cette ethnie au Congo/Kinshasa,  est une parole de l’âme Yansi qui vit encore aujourd’hui selon ses propres valeurs d’antan, en harmonie avec la nature, même si celle-ci est aujourd’hui malmenée. Cette maman pleure pour la naissance de son bébé, les pleurs vont accompagner ce peuple dans leurs moments de joies ou de malheurs durant leur existence, jusqu’à la mort.  Avec leur sagesse, ils disent ceci : « Nous les faibles et pas  méchants dans cette vie, nous ne sommes pas nés pour ramasser les richesses de cette terre ; mais plutôt pour vous alléger la vie avec notre poésie chantée! » Le territoire qu’occupe cette partie de Yansi ; est une terre à la forme de plaine et destinée seulement à l’agriculture vivrière. C’est une partie de la région anciennement nommé « Kwilu Septentrionale » : il s’agit de la commune de Bagata (Bâl-Tâ*) dont la capitale provinciale est la ville de Bandundu (A ndundu* ) actuelle. Au croisement de deux rivières (Kwilu-Kwango) qui coule vers le seul grand affluent  du  fleuve du Congo, qu’est  le Kasaï.

La particularité du Yansi  de cet article est le lyrisme de leurs mélodies qui touchent l’âme de leur  existence. En ce monde insaisissable, ils chantent la banalité de nos vies de chaque jour, et surtout, comme tout le monde,  la chanson de l’amour charnel. Cette exception de la coutume traditionnelle Yansi va rejoindre les autres ethnies de renommée en RDC, telle que : le Luba, le Kongo, le Mongo, l’Otetela etc… qui se distinguent  dans le domaine de la chanson de l’âme bantu et aussi au cœur de l’humanité de tout être humain.

A ce propos, une belle chanson avec la bonne musique n’a pas  besoin de la nationalité ! Cette expression qui se transforme en acte de chanson est une mélodie de l’âme bantu en général. Nous voulons quand même mentionner ici que la recherche de la culture bantu n’est pas l’apanage seulement des  congolais, mais plutôt de notre point de vue une sorte d’incitation à traiter un sujet d’actualité important à notre peuple pour la survie de sa culture.  Cet article est le fruit d’un travail qui se veut d’être appelé  « Atelier de Restauration de l’Humanité  Bantu ».

Comme nous l’avions fait  remarquer dans notre précédente publication,  concernant l’espoir de voir la nouvelle génération africaine et des pays tiers, essayer d’intégrer nos apports culturels aux valeurs actuelles du monde moderne.  Au rythme de  Kie –Kie*, nous voulons marcher avec la nouvelle réalité de la mondialisation des cultures (de la culture ?). Souplesse, pour changer notre monde en harmonie et retrouver la fraternité entre les peuples. En ce début de l’année 2015, avec la manifestation de la coupe d’Afrique des nations, on observe les équipes en compétition de football sur nos écrans de télé : Les « *Ba fana-fana », un mot bantu d’Afrique du sud, cette  mosaïque de peuples commencent  à devenir petit à petit, une vraie nation  aux couleurs arc en ciel avec l’évolution de l’histoire de ce pays.  Pour les autres nations de notre continent, on constate cette timide mixité d’expression de l’intégration raciale que nous appelons de nos vœux pour favoriser la nationalisation dans nos nations Africaines. Ce souhait deviendra dans un proche avenir comme  une nouvelle réalité de l’Afrique de demain. Chers futurs lecteurs, faisons attention à ce  Lwô* ! Nous avons fait un rêve pour ce continent, il y a de cela 16 ans. En effet, nos droits constitutionnels allaient changer sur la question d’obtention de naturalisation. Par exemple, les libanais ont le droit de changer de nationalité dans certains pays Africains ; ce même droit  s’appliquera demain, à des enfants étrangers nés dans ces pays, ou pour le cas de personnes résidentes depuis 5 ans dans ces nations. Nous le répétons souvent pour justifier notre argumentation : si l’Afrique est le berceau de l’humanité, cela veut dire, que ce continent appartient à toutes les nationalités.

La réalité montre que sans l’apport de notre  patrimoine culturel dans la vie quotidienne, l’intégration à une culture d’accueil est vouée  à l’échec !  La globalisation de notre monde a fait rétrécir sa surface,  la notion de distance a évolué au fur et à mesure avec la modernité. Nos habitudes changent, nos contacts et les climats changent etc… L’exemple de l’ethnie «  Yansi » peut nous aider à favoriser une intégration harmonieuse en motivant l’envie de s’enrichir d’autres cultures. Par notre propre expérience sur notre identité, nous pouvons restituer une part de vérité, avec le bon sens issu des mots de nos dialectes.

Tatu  Kaniki  © 2015


Lexique des mots « Yansi » mentionnés sur cette publication.

1-Kie-Kie : souplesse, tout doux, tranquille, sans effort, à petit pas etc…etc.

2-Mâa : mère, maman ; mâa-ko : ta maman

3-Tâa : père, papa ;tâa-me :mon papa.

4- A ndundu : une ville dont le nom peut s’expliquer par la langue « Luba » du Kasaï  où ndundu signifie ballon en tissu ou en papier que les enfants bricolent pour jouer avec pendant la journée.

5-Bal-Tâa : village du père que le colonisateur a nommé « Bagata »pour la commodité à la modernité.

6-Yansi : ceux qui sont venus dans ce pays

7-Lwô : conseil

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