Pétrole en Afrique, l’or noir et enjeu stratégique de la part des grandes puissances

Ce sujet très sensible et aussi vaste que la dépendance du pétrole de la part des pays industrialisés vis à vis des pays producteurs de cette ressource, ne peut être abordé qu’avec beaucoup d’attention et de précision sur les données de nos informations à utiliser dans cet article et de certifier l’origine de la documentation en question. Par soucis de clarté, notre regard sera limité seulement au pétrole Angolais, voisin du sud de la RDC qui suscite déjà de nouvelles convoitises.

Avant de faire cette observation sur le pétrole de ce pays cité, voyons comment a évolué la demande mondiale de cette énergie durant les siècles : selon Gérard Challiand et Annie Jafalian, experts en matière de relations internationales et stratégies, au 19ème siècle on utilise encore le pétrole comme produit d’éclairage, le 20ème Siècle lui ouvre deux grands marchés nouveaux. D’une part, le marché du transport routier qui commence avec l’histoire de l’industrie automobile Ford T et d’autre part, celui du transport maritime qui va prendre un essor avec la conversion du fioul au lieu du charbon et en même temps celui du transport aérien qui va se développer à partir de la deuxième guerre mondiale.

Trois grands cycles vont se dérouler successivement démontrant le rôle du pétrole comme accélérateur de l’économie mondiale : aux Etats-Unis dès la fin du 19ème siècle, en Europe avec les trente glorieuses ainsi qu’au Japon jusqu’en 1970 et enfin, une autre montée de la demande de l’or noir sera enregistrée vers les années 1980 avec le développement des nouveaux pays industrialisés d’Asie (les dragons) et les tigres (Malaisie et Thaïlande) et surtout les deux géants, la Chine et l’Inde. Nous constatons l’extraordinaire impact de l’énergie pétrolière dans des économies du monde avec ses propriétés, résumé par la formule « Oil is Liquid » de l’économiste pétrolier Paul Frankel. Aujourd’hui, dix-sept pays africains produisent dans des proportions différentes leur pétrole ; concernant cette rubrique, il n’est pas question pour nous autres de parler des revenus de la vente de cette énergie ou de poser la question sur pourquoi, elle ne profite pas au développement du continent. Pour le moment, le Ghana est le dernier pays africain à rejoindre les pays producteurs avec sa petite production de pétrole de seulement 50 000 barils par jour en 2011*.
Malgré ses revenus pétroliers, on n’a pas vu des grandes transformations des structures économiques, ni d’augmentation du niveau de vie de sa population ; le seul exemple en ce sens, reste la Lybie à l’époque de Kadhafi, qui était considéré comme le pays le plus riche d’Afrique avec un PIB par habitant de l’ordre de 10 000 dollars. Pendant plusieurs années dans ce continent, les stratégies occidentales ont varié mais sans anticiper la venue des nouvelles compagnies de pays émergents. En ce moment, le vent souffle depuis les côtes de l’océan indien vers l’Afrique ; la présence de deux géants d’Asie change la donne dans ce continent. Avec une croissance sans précèdent, l’Afrique n’est plus un continent à la dérive mais plutôt suscite à nouveau toutes les convoitises. Les sous-sols de continent sont toujours un objet d’appétit de la part des pays puissants; en ce moment, il s’agit du pétrole en question qui est à l’ordre du jour avec de nouvelles stratégies.
En quoi la production pétrolière Africaine est-elle l’objet de toutes les attentions ?
Parce que, les deux géants d’Asie sont présents sur ce continent. Quant à la Chine, elle ne cache rien sur sa stratégie : les pays producteurs de pétrole l’intéressent et ceux qui ont d’autres ressources en sous-sols également. Et l’Inde n’en reste pas moins très intéressé par les richesses de l’Afrique. A ce propos, on peut faire un bref état des lieux des deux Soudan, pays voisins de RDC en proie à la crise ; la Chine et d’autres compagnies des pays émergents ont occupé le terrain. Ce grand pays est devenu l’acteur clé au Soudan du sud, en tant que principal acheteur du pétrole sud-Soudanais, et en même temps le principal investisseur dans le secteur pétrolier. Dans l’Etat du Nil supérieur, les champs de pétrole sont exploités par le consortium DAR Pétroleum, composé notamment du chinois China National Pétroleum Corporation(CNPC) et du Malaisien Pétronas. Ici au Soudan, la Chine ne se contente pas de ramasser les miettes, mais plutôt un grand morceau pour son propre compte. Les réserves des deux Soudans sont peu connues et potentiellement importantes. La Chine a saisi l’occasion à cause du départ des sociétés occidentales, pendant les années de guerre Soudanaise.
Voici comment, la production pétrolière est devenue l’objet de toutes les attentions de la part du gouvernement chinois et du pouvoir soudanais. Parce que, c’est ici pour la première fois en Afrique où elle va s’adonner à la production pétrolière avec ses propres installations. Par contre, dans d’autres pays Africains producteurs de cette énergie, elle va pouvoir acheter au prix du marché comme les autres pays du monde. Bien sûr, la montée en puissance du géant d’Asie éclaire sa stratégie, elle a besoin de plus de pétrole, prête à s’en procurer partout dans le monde ; et surtout ici en Afrique où elle totalise désormais 53 pays Amis avec une diplomatie financière et d’énormes projets d’infrastructures.

Aujourd’hui, la Chine est devenue la deuxième consommatrice de pétrole au monde, après les USA, en surpassant le Japon qui était à cette place. Au début la présence Chinoise dans ce continent se fait de manière non-officielle, en Angola ; ce pays a été son meilleur ami et grand fournisseur de pétrole par rapport aux autres pays Africains . En 2004, l’Exin Bank of China avait prêté à taux préférentiel 2 milliards de dollars à l’Angola pour reconstruire le pays après la guerre. Pour plus de précision sur des données concernant la production pétrolière angolaise, voir le livre la « ChinAfrique » de Serge Michel et Michel Beuret, page 275.
Selon les auteurs de ce livre, la question concernant la présence Chinoise sur le pétrole africain, cette main mise sur cette énergie dans ce continent pose déjà des soucis au niveau des Etats-Unis. Entre 2005 et 2006, on compte plusieurs rapports confidentiels, de commission du sénat, de mémos des think tanks conservateurs ou de la part des libéraux qui ont soulevé le problème de  « l’étranglement » de l’approvisionnement pétrolier des Etats-Unis et la perspective d’une « guerre » des ressources en Afrique. En effet, un éventuel conflit pourrait dégénérer en un choc frontal entre les deux puissances. A ce propos, on a précipité aussi la date d’un conflit ouvert, déjà considéré comme inévitable à l’horizon 2020-2030.

Comme on peut le constater, cette ruée vers l’or noir africain soulève une situation paradoxale sur notre continent : l’Afrique laissée pour compte mais en même temps convoitée pour ses richesses ! Nous avons le droit d’être optimiste pour l’avenir de ce continent et de ne pas croire à la fatalité. Concernant la production pétrolière africaine actuelle, avec les innovations technologiques, sa capacité pourra croître dans l’avenir et permettre de répondre aux demandes en matière d’énergie pour les puissances antagonistes. C’est dans ce contexte que l’Angola rénove ses installations de production, afin d’augmenter sa capacité et devenir le premier fournisseur de pétrole en Afrique. Sur ce sujet, ce continent est redevenu l’objet de tout intérêt de la part des puissances protagonistes. La Chine a une petite longueur d’avance sur le terrain ; quant aux Etats-Unis, ils ont compris l’importance de ce continent et cherchent désormais à s’installer en Afrique. Le voici déjà annoncé depuis quelques années le ton de la nouvelle diplomatie à l’intention de gouvernement Angolais : « A nos amis angolais, on vous dit : c’est super votre petite promenade avec les chinois. Amusez-vous bien. Mais quand vous voudrez jouer dans la cour de grands, payer vos dettes et revenez nous voir. »
Diplomate occidental à Luanda, octobre année 2007.
En ces circonstances, ce pays n’oubliera jamais ses enfants morts pour l’avenir de l’Angola : la guerre a affaibli ce pays avec 500 000 morts, 4 000 000 personnes déplacées, qui le sont encore à ce jour et 80 000 mutilés dont les deux tiers n’ont toujours pas de prothèse. Avec un tel bilan, un pays qui sort à peine d’une guerre de plusieurs années ; il faut un effort considérable pour pouvoir reconstruire l’Angola. En plus, le climat africain n’est pas facile à supporter avec des conditions de travail très dures pour tout être humain.

Mais, comment font les Chinois pour supporter des conditions pareilles ?

Réponse d’un patron chinois( la Chinafrique* p.293) : « C’est parce que nous travaillons très dur. Parce que notre caractère national est forgé par la nature et le climat. En Chine, si les paysans ne plantent pas de riz au printemps, ils crèvent de faim à l’automne. »

Avec la plus forte croissance au monde durant deux années consécutives (24,3% en 2007) l’Angola est l’un des pays plus courtisés de la planète. A l’évidence, ce continent mérite de mieux traiter ses ressources avec les autres continents et la ruée du pétrole africain ne fait que commencer !

Et nous autres êtres humains dans ce continent , nos vies ne comptent pas dans leurs intérêts ?
En plus, nous sommes dans ce continent une multitude de races ; arabe, noire, blanc, indien et chinois tous un « peuple » africain. (Concernant ce propos, regardons la réalité tangible de ce continent, du nord au sud, l’est à l’ouest y compris ses îles).

Aujourd’hui, nous osons le répéter comme une habitude, et l’habitude fait du caractère pour un homme qui croit à son destin. Oui, l’Afrique est en marche ! C’est un cri d’espoir pour un peuple et l’espoir fait vivre. C’est un droit pour tout être humain.

Tatu Kaniki.

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