« Malgré sa fragilité, la liane résiste au poids de la calebasse. »
Proverbe indien
Cet article, sur le rôle de soutien économique de la diaspora, n’a pas été pour nous un exercice facile à aborder : en effet, il n’existe pas encore d’organisation déterminée dans le sens de ce que nous recherchons. La diaspora de ce continent en est encore au stade de la disparité, le projet existe dans certains pays occidentaux où résident les différentes diasporas en question mais, elles ne sont pas encore organisées dans un domaine quelconque d’influence au profit de leurs pays respectifs.
Par contre ; il existe différentes sources de documentation concernant l’immigration des africains et celle des autres pays tiers vers les pays riches liée à l’envie d’améliorer sa condition de vie. Une fois arrivée dans son territoire d’accueil, si la personne trouve un travail ,la tradition africaine oblige à un devoir de solidarité envers ceux qui sont restés au pays ; à ce sujet, nous citerons les difficultés d’« Ousmane Sémbése », arrivé depuis peu à Paris qui ne peut remplir le récépissé d’un mandat postal à sa famille au Mali, de cet acte, va sortir un talent africain hors norme de la littérature noire francophone ; en effet , lui qui n’a pas suivi le cursus scolaire normal mais à sa manière a contribué au développement culturel de toute une génération en les incitant au travail et aussi à s’instruire pour le développement de ce continent . Voici un exemple concret que nous venons de mentionner, il en existe bien d’autres à travers le monde.
Il existe des associations dans un pays quelconque, avec certaines motivations, mais pas encore de diaspora organisée dans une structure déterminée à jouer un rôle d’influence pour son pays ou pour son continent. Entre temps, la banque mondiale avisait déjà l’opinion internationale de la fuite des cerveaux africains vers les pays prospères depuis 1960.
D’après l’étude de cette institution, elle estime que ce continent a perdu un tiers de ses cadres entre 1960 et 1987. Dans tous les cas, le continent a perdu pendant cette période un total de 60 000 professions (docteurs, pharmaciens, ingénieurs, enseignants universitaires etc…) entre 1985 et 1990. Rien qu’aux Etats-Unis, il avait plus de 21 000 médecins nigérians exerçants alors que tous les médecins ghanéens formés localement (aux Etats-Unis) dans les années 80 sont ensuite rentrés au Ghana; au Soudan, 17% des médecins et des dentistes, 20% d’enseignants d’université et 30% d’ingénieurs sont partis travailler ailleurs (Ben Barka, 2000.)
Aujourd’hui, l’immigration n’est plus seulement le problème des cadres africains qui cherchent à travailler dans de meilleures conditions avec un salaire confortable ; mais plutôt le souci de tout un chacun, pour quitter la misère ! Un phénomène de grande ampleur, massive et dramatique ; chaque jour a son lot de surprise, les statistiques sont devenues douteuses avec le nombre de morts et de disparus.
Quant à nous autres, concernant cet article, nous n’avons pas l’intention de faire ici l’apologie de l’immigration, au contraire nous cherchons à identifier une diaspora qui joue un rôle de soutien de son pays ou de son continent.
A ce propos, nous constatons une étude faite au début des années 1990 en France, sur les transferts de migrants vers les régions de Dakar Kinshasa ; sur un échantillon de 1147 ménages qui ont été enquêtés à Dakar, 945 à Kinshasa. Ces échantillons sont exploités dans les sections utilisant les ménages comme unité d’analyse .Cette analyse sur les transferts des fonds concernant les migrants Sénégalais et Congolais résidants à l’étranger, et qui ont gardés les liens avec leurs familles et âgés de 18 ans et plus. Ces migrants sont au nombre de 1037 pour le Sénégal et 1050 pour la RDC. D’après les informations recueillies à Dakar ,60% des migrants ont gardé le contact avec leurs familles au cours des 12mois passés à l’étranger ; 54% ont effectué des transferts d’argent, et 24% des transferts de biens matériels. En RDC, les proportions sont similaires : 61% ont gardé contact, 58% ont envoyé de l’argent et 33% ont envoyé des biens en nature.
Voici comment individuellement, ou en association quelconque, le migrant contribue au développement de ce continent.
Les statistiques varient aux Etats-Unis, à cause de la présence des nombreux cadres formés et restés dans ce pays de rêve. En outre, en regardant les statistiques, on constate que tous les migrants ne sont pas concernés par les transferts d’argent ou de service à leurs pays d’origine : souvent une aide ponctuelle n’est destinée qu’à leurs familles; avec ce constat, peut-on parler vraiment du développement de ce continent par ce genre d’action individuelle ? A ce propos, ne nous attardons pas plus longtemps sur ce sujet qui inonde les médias avec des avis contradictoires .Néanmoins, il nous semble intéressant d’inclure dans cet article le propos de Béchir Ben Yahmed dans l’un de ses récents éditoriaux parus dans « Jeune d’Afrique Intelligente », l’écart entre la quarantaine de pays très prospères du monde, dont les revenus par habitant oscillent entre 5000 et 50 000 dollars US/an, et les autres 20 nations pauvres dont l’écrasante majorité des citoyens survit avec moins d’un dollar par jour .
Avec une proportion de 20% seulement de la population mondiale qui se chiffre à 1,2milliards de personnes sur un total d’environ 6 milliards, les pays nantis consomment à eux tout seuls, 80% de la richesse produite chaque année dans le globe, alors que les 80% de la population restante composée de plus de 5 milliards d’êtres humains doivent se contenter des 20% de richesse résiduelle. Entre temps , l’Afrique est le seul parmi les cinq continents à enregistrer une forte croissance démographique couplée à une relative stagnation économique .L’une de ses propositions pour lutter contre la pauvreté dans ce continent est une sorte d’appel à la diaspora africaine à travers le monde, et à ses descendants, d’utiliser l’intelligence, la sagesse et les savoirs accumulés à l’étranger au service du développement de son continent. Voici surgir notre imbroglio de cinq siècles passés au contact avec d’autres civilisations dont l’accès au développement est modelé à leur manière ! Souvent, la façon pour nous autres pour aborder le problème, est le problème. Actuellement le rapport de force est défavorable à l’Afrique sur tous les plans : les structures, les technologies, les économies, etc…, mais dans ces domaines nous pouvons par une approche propre à notre culture faire naitre des innovations, en mêlant nos savoirs et notre nature .Nous sommes dans un monde de complémentarité ; 6 milliards d’individus, mais chacun de nous, est spécifique par son ADN.
Enfin, nous en sommes sur le cas RDC : voyons le problème dans un contexte à nous congolais, la diaspora de ce pays a commencé à pratiquer les transferts d’argents qu’après la guerre de six jours vers les années 1973, avec ses conséquences dans les économies du monde. A ce propos, un adage populaire congolais nous explique comment ce peuple voit le problème de l’immigration : « Mbisi elandaka nzela mayi ekotjolaka » c’est-à-dire : le poisson suit le courant d’eau et pas le contre sens.
Sur ce point de vue, la diaspora a seulement un rôle de pédagogie à jouer auprès de nos compatriotes restés au pays et pas de responsabilité à ce sujet. Peut-être des propositions de la concertation au niveau africain pour dialoguer ensemble envie de trouver un compromis à une action concrète pour lutter contre ce phénomène. D’abord, cherchons à nous organiser en interaction entre les différentes diasporas régionales et continentales envie de fédérer une plateforme en matière des propositions auprès de nos gouvernants .Comme fut le cas en 1965, par l’initiative personnel, Mr Gaston Nsekibiemi avait créé le CVR (Corps Volontaires de la République) pour réveiller la conscience nationale au Congo.
Malheureusement, ce mouvement avait été récupéré par la propagande politicienne de l’époque. Pour cette occasion, reformulons encore une proposition de créer une force de volontaires du progrès en République Démocratique du Congo, et pour la diaspora de l’Afrique. Notre pays a des ressources humaines de qualités à travers le monde ; d’autres sont aujourd’hui à la retraites, ils peuvent transmettre leurs savoirs aux jeunes cadres de nos pays respectifs.
A nos dirigeants, nos Universités, nos entrepreneurs, la société civile et à la population congolaise et en même temps africaine ; la disponibilité de la diaspora est totale pour travailler ensemble concernant le dialogue sur les choix de projets d’avenir. Enfin, pour nous autres diasporas congolaises en France, nous proposons à nos frères diasporas africaines pour la création d’une banque d’investissement consacrée à la tâche fondamentale du développement. La République Démocratique du Congo est un pays pauvres aujourd’hui, mais il est capable d’affronter le défi de la pauvreté de sa situation ; et pour l’Afrique, un continent avec les opportunités d’investissements. Le « Panafricanisme » est notre seul destin.
Allons au Kongo; on peut trouver ce qu’on veut. Bien sûr, c’est une proposition sérieuse et efficace mais en faisant attention à nos forêts !
« Quand l’arbre se déplace, il meurt .Quand l’homme se déplace, il peut trouver la fortune. »
Proverbe Chinois.
Tatu Kaniki.
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