« Eza -Possible ! »
Un cri de sursaut pour les artistes peintres et sculpteurs qui travaillent avec acharnement pour innover l’art populaire congolais et plus largement africain ; Et pourquoi pas avec l’arrière-pensée de vouloir sensibiliser les autres artistes et créateurs de différents pays exclus du monde actif de la société post- industrielle.

Luigi Russolo
Un cri qui raisonne comme un message de révélation à tout être humain découragé par l’absence d’activité valorisante. C’est un mouvement avant-gardiste avec un parfum non révolutionnaire qui bannit l’art classique au profit d’un art futuriste mélangeant une composante de foi et un sentiment d’enthousiasme à l’homme créateur. C’est une pratique d’une école buissonnière, qui accompagne un esprit de la « libre pensée ».
Ce courant d’idée a l’air de parcourir les extrémités de la terre avec le « Net« . Il nous demande des regards neufs sur l’art actuel avec le mot d’ordre central d’abolir les frontières et la routine de la vie : entre la création et l’action de l’homme. L’artiste devrait s’engager avec conviction et foi, sur comment faire introduire la réalité de sa vie quotidienne dans son œuvre. Il devrait aussi projeter sa vision de la société de demain dans son œuvre. L’ambition est de créer et régénérer tous les modes d’expression : peindre autrement, sculpter différemment, architecture adaptée…
Mais aussi certains spectacles populaires, la mode vestimentaire, les arts décoratifs et même nos expressions musicales. Une recherche continuelle de la pertinence autour de l’art; qui doit aller de l’avant ! Cette libre expression aimante de la part de nos artistes « futuristes » aboutira un jour à une certaine philosophie de fraternité entre les peuples de ce monde. Pour qu’enfin, s’ouvre des nouvelles perspectives avec l’envie de revaloriser l’homme nouveau dans cette mondialisation tous azimuts. C’est une manifestation de restauration de l’humanité de l’homme dans sa confrontation avec le monde de la machine qui va trop vite pour les plus exposés d’entre nous. Ces artistes sont peut-être faibles par rapport à leur condition de vie d’amateur; mais fort du point de vue de l’innovation dans l’art en général. A ce propos, prenons l’exemple italien de Giovanni Papini qui en 1913 disait déjà ceci:
« Je suis futuriste, parce que l’adoration exagérée du Passée Glorieux des âges d’or et de l’éternelle et immortelle académie aux mille pièges mortifie l’intelligence, avilit l’âme, ralentit l’inspiration et finit par rendre stériles les peuples qui ne savent pas réagir à temps. »
Comme vous le constatez vous-même, ce qui sort de notre âme « Bantu » a déjà été exprimé et affirmé par des âme-sœurs quelque part dans le monde. En effet, nous le disons sans crainte :
« Les valeurs universelles ne sont propriétaires d’une quelconque race ; Mais, nous le savons aussi ; Que nous ne vivons pas dans un monde d’égalité. »
Mais en revanche, la conduite de cette contradiction doit être assimilée sans monopole pour que tout le monde puisse profiter de cette globalisation dans nos différentes cultures. Pour nous les peuples oubliés, demain, nous aurons un art du « Rêve » à notre compte; L’art dynamique, nous y sommes; Les bruits et les grondements de nos carcasses de véhicules font un tourbillonnement qui incitent nos artistes à la création dans nos rues de « Bidonvilles« . C’est une scène électronique avant-gardiste d’un « Avenir » aux airs d’Amadeus ou de symphonie de Beethoven. Les artistes futuristes Italiens ont déjà prévenu : les changements que nous vivons aujourd’hui concernant l’évolution de l’art non classique, c’est-à-dire un art à la portée de l’imagination, viendra de notre continent.

Umberto Boccioni
L’héritage viendra du rêve africain. L’homme Africain a la capacité de transformer le néant en une réalité tangible. Parce que, déjà avec les choses inutiles, il transforme l’objet et sa valeur! Il y a certains domaines où nous sommes décomplexés à exécuter. Il suffit que notre ambition soit démesurée, non arrogante, simple, abordable, partagée et sans orgueil. Cet essai un peu particulier de la théorie d’un art de demain peut devenir une pratique courante si l’artiste arrive à combler l’équilibre de son « Moi » envers l’autre ! Je m’explique : artiste et créateur, tu veux te définir comme acteur futuriste ? Alors, soit à l’écoute d’un maître en la matière. Fais l’école de l’attention ; observes beaucoup ton environnement de vie, laisses l’autre parler. Dans ton travail, fais ton boulot sans murmures, acceptes ta condition de vie sans amertume. Pendant ton temps de parole, mets un peu de parole mais en revanche beaucoup de silence.

C’est un combat de longue haleine pour aboutir à une évolution et devenir meilleur. Accumule les échecs et compte tes succès sur les doigts de ta main. Demain est un jour inconnu et il est aussi imprévisible pour tout le monde. L’italien Filippo Marinetti disait en 1934 dans un article paru dans le journal «PERSEO» de l’époque : « Héroïsme et bouffonnerie dans l’art et dans la vie ». Une campagne contre les artistes futuristes des années trente.
Il appelle ça : « POEMA AFRICANO ». Le mot «Vita» y est beaucoup employé ! Quelle ironie, Vita en langue « KIKONGO » veut dire la guerre.
Entretemps, Mussolini préparait déjà l’entrée en guerre de l’Italie.
Alors que notre vision de demain aspire aux valeurs communes de prospérité et de paix pour tout un chacun sans distinction de race, c’est une « GUERRE » de survie pour nos artistes. A ce propos, pour ce combat ; nous n’avons rien à craindre pour nos lendemains. Nous avons cette assurance intarissable et surtout précieuse pour tout le monde : les réponses sont en chacun de nous.
Attention, Attention, si tu veux apporter quelques chose à l’homme de demain, laisse le manteau de l’orgueil à l’entrée et considère la simplicité comme un tremplin de départ dans cette vie de compétition.
© 2015 – Tatu Kaniki.
